[Dossier Les métiers du futur]#6 Les Métiers Numérique et Médias_La suite

Dans cette seconde partie du Dossier Les Métiers Numérique et Médias, découvrez la nature des bouleversements et les impacts sur les métiers du secteur

 

L’influence du modèle économique 

Un modèle économique qui fragilise la qualité de l’information  

Les médias traditionnels doivent donc dorénavant composer avec cette abondance informationnelle et rivaliser avec les fake news pour capter l’attention des lecteurs. Ce faisant, cette « infopollution » fragilise d’autant plus le modèle économique des médias traditionnels.  

En effet, comme le montre la vidéo « Le coût de l’information » réalisée par le CLEMI, produire de l’information coûte cher et ce coût peut influencer les choix de sujets à traiter. D’un point de vue économique, il existe deux grands types de média : les médias publics comme France Télévision ou Radio France (financés par l’Etat) et les médias privés comme le Monde ou le Groupe M6, qui appartiennent à des acteurs privés. 

Il existe ainsi en France, une multitude de médias : c’est ce que l’on appelle le pluralisme médiatique. Dans une société démocratique, cette pluralité est très importante puisqu’elle permet de représenter et de promouvoir la diversité des opinions politiques. De plus, en apportant des regards différents, on permet à n’importe quel citoyen de vérifier et croiser l’information. 
Seulement, aujourd’hui en France, la plupart des médias sont privés et appartiennent à un groupe restreint de personnes. Cette centralisation remet en cause la pluralité des points de vue et l’objectivité même de l’information. En effet, les personnes qui détiennent les médias exercent nécessairement une influence sur la sélection et le traitement des informations diffusées.  

 

D’autre part, les médias privés qui ne disposent pas de financement public, ont dû trouver leur source de financement ailleurs. Historiquement, c’est grâce à la publicité qu’ils ont pu perdurer. Pour eux, l’enjeu est donc de faire le plus d’audience possible afin que les annonceurs et les agences publicitaires maintiennent leur financement. 

 

Un modèle économique bouleversé 



Seulement, l’arrivée du numérique a fortement impacté ce modèle économique. Les publicitaires ont peu à peu déplacé leurs investissements vers les grandes entreprises du numérique aussi appelées « GAFAM » (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) qui parviennent à capter massivement des clics et donc des vues. Les agences publicitaires achètent l’attention des consommateurs en payant pour diffuser leurs publicités au milieu du contenu informationnel. Si les médias en ligne peuvent fournir de l’information gratuitement, c’est notamment grâce à ces revenus publicitaires. L’expression « Si c’est gratuit, vous êtes le produit » prend d’autant plus de sens avec Internet et les réseaux sociaux. 

Cela a toujours été le cas, mais l’apparition d’Internet et des algorithmes a rendu ceci d’autant plus prégnant. En effet, les algorithmes ont pour la plupart comme objectif de pousser le consommateur à consulter toujours plus de contenu, ce qui intéresse les publicitaires.  

La perte d’une grande partie des revenus publicitaires des médias traditionnels les a amenés à redoubler de créativité afin de perdurer. A chacun sa stratégie : création d’une version web, abonnements en ligne, utilisation d’algorithmes pour augmenter l’audience, et bien d’autres encore. Cette reconfiguration pousse également certains médias à produire de l’information uniquement dans le but de faire de l’audience et non plus dans le but d’informer. La question du financement des médias est donc cruciale puisqu’à terme, elle module la manière dont l’information est sélectionnée et interprétée.  

Certains journalistes et médias ont d’ailleurs voulu prendre le contre-pied de ce journalisme instantané qui court après l’audience et les revenus publicitaires. C’est le cas par exemple du média Les Jours qui défend un journalisme plus qualitatif que quantitatif. En effet, pour certains il vaut mieux proposer des contenus avec des informations vérifiées et approfondies qui peuvent même parfois prendre la forme d’une série d'articles. Ces médias misent tout sur les abonnements en considérant qu’un consommateur sera plus enclin à payer pour une information de qualité que pour en recevoir de manière abondante.  

 

Focus : L’émergence des “pure players”  

La presse écrite a particulièrement été impactée par la révolution numérique. Les journaux de presse papier ont fait face à une pression concurrentielle des nouveaux médias exclusivement en ligne appelés médias « pure player ». Ces médias apparus en France au début des années 2000, fonctionnent principalement grâce à la publicité et aux abonnements. C’est le cas de Slate, Konbini, Vice ou plus récemment le média Brut. Ces médias innovants sont plus accessibles et souvent plus attractifs puisqu’ils proposent une grande diversité de formats (vidéos, podcasts, live, etc.). Face à cela, la presse écrite a dû réagir en développant une expertise web. Certains journaux ont rapidement développé une version web de leurs contenus. D’autres en revanche, ont été réticents face à cette évolution. Récemment, la crise sanitaire a accéléré la transition des journaux papier vers une version web. En effet, lors de la crise sanitaire les abonnements aux journaux en ligne ont fait l’objet d’une forte demande.  

 

Impacts sur les métiers du secteur  

Quelles conséquences pour les métiers des médias ?  



Nous venons de le voir, le numérique a considérablement transformé le secteur des médias. Évidemment, cette transformation a impacté les métiers du secteur et conduit à leur concentration. Ici encore, c’est la presse qui a été la plus impactée par le numérique. Le développement de version web des journaux traditionnels a nécessité de nouveaux profils de journalistes. Certains médias font d’ailleurs la distinction entre journaliste « papier » et journaliste « web ». Ceci traduit bien la diversification des profils de compétences nécessaire et donc l’évolution du métier de journaliste.
 

Aujourd’hui, un journaliste de presse doit maîtriser la diversité des formats offerts par le numérique. Ceci nécessite de nouvelles compétences telles que la création de vidéo, la prise de son ou encore la création d’infographie interactive. Evidemment, un seul et même journaliste ne se doit pas de tout maîtriser. Cependant, la capacité à créer différents types de contenus semble de plus en plus importante pour les journalistes. Au-delà de la capacité à créer ces contenus, le journaliste d’aujourd’hui doit aussi savoir choisir le meilleur format pour une information donnée. Par exemple, lors de la crise sanitaire ce sont les infographies qui ont permis aux journalistes d'expliquer toutes les données qui circulaient. D'autre part, le journaliste d’aujourd’hui doit avoir une bonne connaissance de la culture et des codes du numérique afin de rester dans l’ère du temps.  

 

Le journalisme de demain  

 

Complément d'enquête. Le journaliste était... un robot - 14 février 2019 (France 2) 

 

Quel est l’avenir du journalisme ? Aujourd’hui déjà des Intelligences Artificielles (IA) ont été créées pour écrire des articles de presse ou bien présenter le journal télévisé. L’une des plus célèbres est l’IA créée par le Washington Post appelée Heliograf. Cette IA est capable de compiler des informations puis de rédiger un article presque instantanément. 
L’avantage qui est mis en avant par les médias qui utilisent les IA est l’objectivité des informations qu’elles produisent. En effet, on pourrait penser que les IA sont plus objectives que les journalistes. En réalité, étant créées et codées par l’Homme, le problème persiste.
Un autre problème avec les IA c’est qu’elles ne savent pas repérer les fakes news et donc participent à leur diffusion. Comme on l’a vu précédemment, repérer et stopper la diffusion des fakes news est un enjeu central à l’ère du numérique. Le journaliste reste donc indispensable ! Les IA sont très efficaces pour traiter des informations neutres comme des chiffres ou des résultats (exemple : résultats d’une compétition sportive).
Dans le monde de demain, on pourrait imaginer une collaboration entre les IA et les journalistes qui permettrait d’allier qualité et quantité d’informations !   

 

Dossier réalisé par Julia Berenguer

 

Pour tout savoir sur les Métiers du Futur :

# 1 Les Métiers Numérique et Environnement

# 2 Les Métiers Numérique et Mobilité

#3 Les Métiers Numérique et Urbanisme

#4 Les Métiers Numérique et Santé

#5 Les Métiers Numérique et Education 

 

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