Regards croisés sur le Challenge 1ère Edition : Tim, professeur au Lycée Jean-Jacques Rousseau à Sarcelles

Tim Thomas professeur au Lycée JJ Rousseau de Sarcelles
Tim
THOMAS
Professeur d'EPS au Lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles
Découvrez les témoignages des participants à la 1ère édition du Challenge Innov’Avenir sur la création d’un objet numérique sur le thème de la ville solidaire qui s’est déroulée sur l’année scolaire 2017/2018.

 

Quelle est la matière que vous enseignez ?

Tim Thomas
Tim Thomas, professeur d'EPS engagé sur
le Challenge

Tim Thomas : Enseigner l'EPS c'est l'avantage par rapport aux autres enseignants "enfermés dans une classe" de développer la confiance

et la liberté d'action entre les élèves. La pédagogie est totalement différente dès lors que l'environnement diffère, ainsi que l'activité proposée. Le travail du corps ne passe pas uniquement par les performances, il est aussi dans l'expression de chacun, c'est pourquoi nous développons au lycée les activités d'expression (HipHop et Acrosport).

 

Depuis combien de temps ?

Tim Thomas : J'étais, depuis 6 ans professeur principal d'une classe de 2nde, mais cette année en raison de mon inscription à l'agrégation d'EPS, je me suis libéré du temps pour les études.

 

Avez-vous d’autres formes d’investissement dans l’établissement ?

Tim Thomas : Je suis également coordinateur de l'équipe EPS (je suis responsable de l'équipe vis à vis de la direction, j'organise les emplois du temps, les réunions d'équipes, et tout l'administratif autour de l'EPS et de l'association sportive).
Enfin je suis président de l'amicale des personnels du lycée (sorte de C.E.) afin de rendre la vie plus conviviale à tous les agents du lycée (presque 250 personnes) en organisant des événements variés (Week end d'intégration et escape game afin de mieux accueillir et intégrer les nouveaux collègues / Noel des enfants / Galette des rois / cadeaux naissances / Blind test, olympiades, et soirée de noel et de fin d'année pour tout ce qui est conivialité)

 

Comment avez-vous connu le Challenge Innov’Avenir ?

Tim Thomas : J'ai connu le challenge Innov’Avenir grâce à mon ancien proviseur qui nous avait inscrit dans l'idée que ce serait un projet en adéquation avec notre "2nde avenir". La 2nde avenir est une expérimentation de l'académie de Versailles qui cherchait à développer au sein d'une classe une meilleure connaissance des élèves afin de mieux les orienter pour l'avenir grâce à l'utilisation du numérique et en intégrant des jeudis après-midi de projets toute l'année.

 

Que diriez-vous de cette expérience ?

Tim Thomas : L'expérience du Challenge a été à la fois enrichissante et fatigante. Enrichissante parce qu'elle a permis à la fois aux élèves mais aussi à l'équipe de la classe de pouvoir sortir des murs de l'établissement afin de varier les travaux d'enseignement. Fatigante, parce que c'était une classe à projetS. La maîtrise de ces nombreux projets dans lesquels nous nous sommes engagés a été éprouvante en termes de timing et d'échéances à respecter. A corriger de notre côté pour mieux apprécier le Challenge.

 

Quel investissement le Challenge vous a-t-il demandé ?

Tim Thomas : L'investissement dans le Challenge a été réalisé en plusieurs étapes, plutôt en second plan jusqu'au milieu de l'année. D'autres projets étaient engagés au préalable, mais ils avaient toujours un lien (fil rouge) avec le Challenge. Et un second temps plus intense après le Hackathon. Chaque enseignant s'est totalement investi dans le Challenge, mais tous n'ont pas pu se libérer pour la dernière présentation.

 


Tim Thomas, et les élèves du Lycée Jean-Jacques Rousseau
lors du Jury du Challenge

Quel parallèle pouvez-vous faire avec votre façon d’enseigner ?

Tim Thomas : Les liens que je pourrais faire sur ma manière d'enseigner et mon engagement dans ce challenge, c'est surtout un trait de caractère que je ne veux pas renier. Je suis compétiteur, mais j'aime surtout le plaisir d'échanger avec les autres. Et à l'école lorsqu'on est élève (et on l'a tous été) la douleur que nous pouvons ressentir après un échec est beaucoup plus intense que lorsque nous sommes adulte. Alors mon équipe et moi-même avons tout fait pour que les élèves comprennent l'importance de rêver d'un projet sans oublier que sa concrétisation resterait peut-être utopique et qu'il ne faut pas être triste s'il n'y a pas de victoire à la fin, c'est vrai que je visais quand même le prix de l'esprit d'équipe (rires...). Mais les élèves voulaient évidemment gagner quelque chose. C'est toujours dur de se lancer dans un "challenge" et se dire "ça sert à quoi si on ne gagne rien". J'ai essayé de leur faire vivre les bons moments ailleurs que dans le challenge, comme sur la route pour y aller, ou se promener autour de la mairie du 19e, ou manger ensemble, etc. il fallait créer ces souvenirs externes qui pouvait remplacer un possible sentiment d'échec.

 

Qu’est-ce que le Challenge apporte de plus, de nouveau ?

Tim Thomas : Le plus du Challenge Innov’Avenir, c'est le suivi et l'état d'esprit des collaboratrices qui se dévouent pour ce projet. Le travail est facile lorsqu'il est passionné et l'équipe du Challenge l'a bien transmis. Egalement, ce fut le Hackathon qui a été un point important voire essentiel du Challenge. A la fois pour les élèves ça leur a fait prendre conscience de la construction du projet et pour moi j'ai trouvé le principe d'intégrer les étudiants extraordinaires et relativement efficaces en terme de pédagogie.

 


Les lauréats du Challenge Innov'avenir

Pouvez-vous partager votre meilleur souvenir ?

Tim Thomas : Le meilleur souvenir je ne vous le cacherai pas (et c'est difficile de le cacher), c'est lorsque le grand prix nous a été décerné. Après tant de difficultés scolaires et relationnelles avec ces élèves et leurs familles. Après tant d'échecs pour eux et pour nous. Après tous ces mois à travailler en équipe pour essayer de les faire s'en sortir malgré les lacunes persistantes. Et après ces prix décernés un par un à tel ou tel établissement (qui les méritaient évidemment tous), la déception sur leurs visages se faisait de plus en plus sentir. Et passer d'une magnifique Mairie du 19e pour rentrer dans les hauts bâtiments de Sarcelles en passant par le périphérique allait être une route très longue dans mon esprit... Jusqu'à la délivrance pour eux. Pour moi.

Pour en savoir plus : le Challenge Edition 2

 

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