Baromètre du Numérique : zoom sur les usages des jeunes

Le Baromètre du Numérique 2018 est réalisé par le Credoc pour l'Agence du Numérique, l'Arcep et le Conseil Général de l'Economie, de l'industrie, de l'énergie et des territoires (CGE). Qu'apprend-on des usages des jeunes ?

Cette  18ème édition marque une maturité des usages. Tout le monde dit maîtriser les outils et s'intègrer dans cette nouvelle société numérique. Des différences apparaissent selon l'âge, le niveau social ou de diplôme.

 

Smartphone : la référence

Des usages portés par les jeunes : 98% des 18-24 ans possèdent un smartphone, 86% utilisent la 4 G et 83% se connectent à Internet via leur smartphone.

Le mobile s’est imposé comme un outil indispensable. Le niveau de revenus ne semble plus être un facteur clivant dans la possession du téléphone mobile (92% de cadres contre 79 % d’ouvriers utilisent un smartphone)

A noter :

  • Stagnation du taux d’équipement pour l’ordinateur à domicile (-3 points) qui stagne à 78%
  • Succès des abonnements audiovisuels
  • Visionnage en replay : usage du smartphone et de l’ordinateur devant la tv pour les plus jeunes et les étudiants
  • Le temps passé à regarder la tv sur un poste a diminué de 2 h par rapport à 2016

 

Connexion à internet

  • 98% des diplômés du supérieur et 96% des titulaires du Bac sont connectés à internet contre 54% des sous-diplômés
  • Les modes de connexion varient en fonction de l’âge :

82% des 18-24 ans ont une connexion mobile ce qui n’est pas forcément le cas des plus jeunes ;
57% des 12-17 ans n’ont pas forcément de forfait avec données internet.

  • On observe une relation entre mode de connexion et diplôme : plus une personne est diplômée plus elle va avoir tendance à être connectée à internet quel que soit le mode de connexion et l’outil utilisé.
  • L’utilisation du smartphone est le mode de connexion principal pour 70 % des 12-39 ans.
  • 84% des 18-24 ans échangent des messages via des applications.
    • Les usages évoluent avec l’augmentation des messageries instantanées

 

Une consommation multimodale et personnalisée

94% des 12-17 ans disposent d’un ordinateur à domicile.
40% des diplômés du supérieur ont + d’un ordinateur

Le temps passé sur internet ne varie pas : 21 h par semaine sur internet pour les 18-24 ans (18 h en moyenne par semaine)

Les résultats concernant le temps passé sur internet selon l’âge sont inversés par rapport au temps passé à regarder la tv :

  • Un temps en progression pour les étudiants (+ 9 h),les adolescents (+3.7h pour les 12-17 ans) et les 18-24 ans (+ 6 h)
  • Cependant pour certains groupes le temps passé sur internet recule : diplômés du supérieur (-2h), titulaires de hauts revenus (-3h) et cadres supérieurs (-2h) mais augmentation du temps passé à visionner des vidéos : 6h à 10 h vs 3h à 5h
  • 15% des cadres ne possèdent pas de TV, soit 3 fois plus que dans l’ensemble de la population.


Une forte sensibilisation à la protection des données personnelles

Le niveau d’inquiétude est élevé pour la protection des données personnelles, et en hausse (+ 6 points) .
Cette crainte est homogène quels que soient les critères socio-démographiques. Les griefs contre internet portent moins sur la complexité (-10 points) ou l’inutilité (- 8 points) que sur la protection des données personnelles pour 40% des individus : c’est le principal frein à l’utilisation d’internet. 

  • Seulement 13% se disent prêts à renoncer à la gratuité et à payer pour s’assurer de la protection de leurs données
  • Plus inquiétant, 36% des Français sont inquiets à l'idée d'effectuer toutes leurs démarches administratives en ligne,
  • Les diplômés du supérieur passent moins de temps que les individus ayant le baccalauréat.


L’enjeu d’apprendre à apprendre

La maitrise d’internet et des outils numériques est loin d’être acquise dans la population : près d’ 1 adulte sur 5 ne recourt jamais aux outils numériques et informatiques ou est bloqué en cas de difficulté. Parmi ceux qui rencontrent des difficultés, 6 sur 10 ne souhaitent pas se former et ceux qui se disent prêt n’ont pas connaissance de lieux où se former.

L’importance de la capacité à s’autoformer 

  • Les personnes les plus à l’aise se disent prêtent à se lancer dans de nouveaux usages, apprendre par « essai-erreur »,
  • L' ’importance de l’auto-apprentissage révèle le potentiel de l’école et de la formation initiale, notamment si celles-ci sont capables d’insuffler de la confiance dans leur propre potentialités , clés d’apprentissage pour être capable plus tard de s’approprier de nouveaux usages*

 

Le plafond de verre des réseaux sociaux

La pratique des réseaux sociaux est inchangée après une hausse de 7 points en 2 ans : 59% des individus utilisent les réseaux sociaux mais ce chiffre est toujours plus faible que la moyenne européenne.

On notera le désengagement des publics les plus jeunes :
La participation aux réseaux sociaux  est de 93% des 18-24 ans mais la propension des jeunes à participer aux réseaux sociaux est en forte baisse :
- 8 points pour les 12-17 ans : passage de 83% à 76 %
- 3 points pour les 18-25 ans : 93% vs 96% en 2016
- 6 points pour les titulaires du bac et diplômes du supérieur

 

Les usages

  • L’e-administration

Le niveau de diplôme et le revenu sont un marqueur important :

  • 9 diplômés sur 10 utilisent internet pour leur démarche administratives et fiscales contre ¼ des non-diplômés et2/3 des titulaires du brevet,
  • 36% des Français sont inquiets à l'idée d'effectuer toutes leurs démarches administratives en ligne. L’inquiétude vis-à-vis de la dématérialisation des démarches administratives est corrélée à l’âge, au diplôme et au revenu.
  • Les diplômés du supérieur sont 76% à ne pas montrer d’inquiétude soit 21 points de plus que les diplômés du BEPC. Les freins évoqués : sécurité des données pour 36% des 18-24 ans et 44% des 25-39 ans.

 

  • La recherche d’emploi

Baisse de 11 points de la part des 18-24 ans : les explications pourraient être la proportion plus importante des jeunes qui poursuivent leurs études, le développement de son réseau comme LinKedIn qui n’est pas toujours interprété comme étant de la recherche d’emploi.

 

  • L’économie de partage

La part des 18-24 ans adeptes de l’économie de partage a fortement chuté en 2018 : - 17points

Les diplômés du supérieur sont plus enclins à recourir à l’économie du partage (42%) vs diplômes du BEPC (26%) et non diplômés (6%) en corrélation avec le niveau de revenus.

 

 

*étude Credoc La fracture numérique française au travers d’une approche par les capabilités _ a paraitre )

infographies : Barometre du Numerique